Juste après l’instant décisif

L’instant décisif, expression dont on qualifie souvent l’oeuvre de Cartier Bresson – lui semblait préférer la notion de “tir photographique” – est, entre autres, illustrée par la photo de la gare Saint Lazare (1932) où l’on voit un homme suspendu au dessus d’une énorme flaque lisse, satinée, polie comme un miroir. Une fraction de seconde plus tard et l’équilibre de l’image, c’est le cas de le dire, ne tient plus, la flaque d’eau est troublée et plouf, la magie s’écroule.

Ceci dit, les immuables lois de la physique étant ce qu’elles sont, même si la photo, toute technique, mécanique et chimique qu’elle fût et qu’elle est toujours, peut manifestement s’extraire du tangible et prétendre au merveilleux, il a bien fallu que cet homme repose le pied par terre et trempe ses chaussettes.

Peut-être même qu’il court encore !

C’est ce que je me suis dit en voyant son reflet ou plutôt le fantôme de son enjambée dans mon image toulousaine, mais voilà, 85 ans après l’instant décisif…

Toulouse, 2017

Vu et à voir :

  • Jeudi 2 mars à partir de 19h, vernissage mensuel au Cactus. Christophe Spessier est l’hôte du mois.
  • Joel Arpaillange expose « Sons en scène II » au Taquin (ex Mandala) jusqu’au 18 mars. Vernissage le 8 mars.

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Viviane

Et si la photo était inversée, le fugitif irait dans la même direction…