Déconfinement (en noir et blanc)

Et voilà, on déconfine ! Cela vaut bien un petit retour sur ces deux mois à faire des photos pas plus loin d’un km de chez soi, non ? Deux mois à s’arrêter devant le moindre rayon de lumière venu de l’extérieur… et curieusement sur la lecture de ce poème de Pierre Reverdy, « Cran d’arrêt », qui provient peut-être d’une autre grippe, celle du début du XXe siècle…

Cran d’arrêt

Je n’espère rien du néant
Je ne garde rien de la fête
Et je n’oublie pas le présent
Auquel il faut me tenir tête

Décroche la lumière à fond
Sur cette poitrine rebelle
Plus dure que la pierre où s’épanche son sang

Je ne mens que d’un œil
Une trappe qui s’ouvre
Sur tous les espoirs interdits
Un recul plus farouche devant l’antre qui s’ouvre
Une gorge plus sourde
Au coude de la nuit
Et puis le temps et puis la lampe
Un pas qui trompe sans retour
Dans la rue plus de vie plus d’aile
Sur la route plus d’avenir
De mon cœur jusqu’au fond du monde l’étouffante épaisseur d’un mur

Pierre Reverdy, Main d’oeuvre, Poèmes 1913 -1949

Vu et à voir :

J’ai découvert par hasard un photographe étasunien, Charles Harbutt, qui fût membre de Magnum. Nous n’avons qu’un site à nous mettre sous la dent… Les quelques livres qui existent n’ont pas été republiés et sont rares et chers… Dans ces images, en tout cas pour celles qu’on voit sur le site, se devinent toujours comme un mystère et parfois comme une menace venus du hors champ. Une telle oeuvre mériterait bien la publication d’une monographie !

Tiens ! Finissons avec le mystère de Beethoven perpétué sous une autre forme…

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manu'
29 jours il y a

Merci pour cet article Sylvain, et pour cette découverte d’Harbutt ! (je relaierai 😉

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21 jours il y a

[…] Vue sur le blog de Sylvain Béragnes, cette découverte du photographe américain de Magnum, Charles Harbutt (la citation […]